12:53 12-05-2026
L'Europe investit 200 milliards d'euros dans les VE
L'Europe a injecté près de 200 milliards d'euros (environ 235 milliards de dollars) dans son écosystème de véhicules électriques. D'après New Automotive, l'objectif ne se limite pas à la construction de voitures : il s'agit de bâtir une chaîne d'approvisionnement complète, des batteries aux stations de recharge.
Les batteries représentent la plus grande part des investissements. Près de 60 milliards d'euros ont été injectés dans la chaîne d'approvisionnement des batteries, une réponse directe à la dépendance envers la Chine. L'Agence internationale de l'énergie indique qu'en 2025, les usines chinoises ont fabriqué plus de 80 % de l'ensemble des batteries, y compris celles destinées à d'autres usages que les véhicules électriques.
L'Europe n'a pas encore comblé son retard, mais elle dispose de fondations solides. Selon New Automotive, les usines locales fournissent désormais des batteries pour environ un VE sur trois vendu dans la région. Si toutes les capacités annoncées voient le jour, elles pourraient satisfaire la demande future.
60 milliards d'euros supplémentaires ont été consacrés à la production de VE, partagés entre la modernisation des chaînes de montage existantes et la construction de nouvelles usines exclusivement réservées aux électriques. Les infrastructures de recharge représentent un autre poste majeur : entre 23 et 46 milliards d'euros ont été investis dans la recharge publique, et l'Europe compte aujourd'hui plus d'un million de points de recharge. Un montant additionnel de 3,5 milliards d'euros a été injecté dans la fabrication de ces infrastructures.
Ces projets génèrent déjà plus de 150 000 emplois, et si tous les plans annoncés se réalisent, ce chiffre pourrait augmenter de 300 000. Mais les investissements sont inégalement répartis. L'Allemagne concentre près d'un quart du total et demeure le pivot de la transformation électrique du continent, avec ses grands constructeurs, ses équipementiers et ses projets de batteries.
Dans ce contexte, le débat autour de l'interdiction des voitures thermiques neuves à partir de 2035 s'intensifie. L'Allemagne, l'Italie et plusieurs pays d'Europe centrale et orientale s'opposent à cette mesure radicale, alors même que plus de la moitié des investissements suivis sont concentrés dans ces régions. La situation est curieuse : des usines se construisent, l'argent est engagé, les emplois dépendent des VE, et pourtant la confiance politique envers les règles à venir chancelle.
Pour les acheteurs, il ne s'agit pas d'une baisse de prix immédiate, mais d'un pari sur le long terme. Plus l'Europe bâtit de batteries, d'usines et de bornes de recharge, moins elle dépend des importations et plus les chances de voir arriver des VE abordables augmentent. Mais la Chine a pris de l'avance, et à plus grande échelle : l'Europe doit donc rattraper son retard à toute vitesse.