13:00 31-05-2026

La marque la plus allemande du monde n'est soudain plus assez allemande pour l'Amérique

Personne n'imaginait voir l'icône allemande sur une liste de sanctions américaines. C'est pourtant ce qui arrive — et ses actionnaires chinois pourraient faire de ses voitures connectées un terrain politique.

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Personne n’avait vu venir ça — Mercedes-Benz, justement, prise dans une tempête de sanctions américaines. Et pourtant. Officiellement, la marque est allemande jusqu’au dernier boulon. Officieusement, deux gros actionnaires chinois pourraient transformer ses voitures connectées en cible politique sur le marché américain.

Les nouvelles règles de Washington frappent tout véhicule doté de télématique, de logiciel embarqué, de modules de connectivité — en somme, toute électronique avec le moindre fil qui remonte vers la Chine. Les composants logiciels sont interdits à partir du millésime 2027. Le matériel suit en 2030. Et non, l’examen ne s’arrêtera pas aux voitures portant un logo chinois.

La structure actionnariale de Mercedes semble taillée pour déclencher ce type de réglementation. BAIC Group détient 9,98 % des droits de vote du groupe. Li Shufu, via Tenaciou3 Prospect Investment Limited, en possède 9,69 % supplémentaires. Aucune de ces deux participations ne fait à elle seule de Mercedes une entreprise chinoise. Mais dans la nouvelle logique américaine, le logo sur le capot n’est plus un passe-droit. Les régulateurs vont éplucher la gouvernance, l’accès aux données, les chaînes d’approvisionnement, le code source et l’influence des investisseurs étrangers.

Un précédent existe déjà. Volvo, contrôlé par le chinois Geely, a dû prouver sur le marché américain que ses véhicules connectés ne donnaient pas à ses partenaires chinois accès aux données des conducteurs ni aux systèmes critiques. Pour Mercedes-Benz, le scénario s’annonce identique : pas d’interdiction immédiate, mais un long et coûteux exercice de démonstration de loyauté.

Les acheteurs ne verront pas les concessions se vider du jour au lendemain. Le vrai risque est plus lent et plus terne : retards de certification, refontes électroniques, changements de fournisseurs, hausse des coûts. Tout cela se traduit très vite par des prix plus élevés ou des finitions amaigries.

Mercedes-Benz ne va sans doute pas quitter les États-Unis. Mais l’époque où il suffisait d’être allemand ? Elle est bel et bien terminée.