09:59 03-06-2026

La voiture dont l'Amérique se moquait revient — et elle sera scandaleusement bon marché

Pendant des décennies, Yugo a été la risée mondiale. Aujourd'hui, la marque vise un retour en 2028 avec une compacte hybride à prolongateur d'autonomie. Reste à trouver un géant prêt à signer.

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On l’a appelée la pire voiture neuve du monde. Les humoristes américains en ont fait tout un numéro, les conducteurs la craignaient sur l’autoroute, Hollywood s’en moquait à l’écran. Et voilà que Yugo revient — pour de vrai, et avec de l’ambition.

Le professeur et entrepreneur serbe Aleksandar Bjelić prévoit de lancer le nouveau modèle en 2028. Ce ne sera pas un jouet pour collectionneurs — l’objectif est exactement inverse : un transport bon marché vendu environ 12 000 € (soit 14 000 dollars). Pour comparer : en 2025 encore, le même projet était estimé à 20 000 €.

La nouvelle Yugo garde l’esprit de l’originale : carrosserie trois portes compacte, lignes droites, aucune tentative de se faire passer pour du premium. La mécanique, en revanche, c’est une autre histoire. Au lieu d’un moteur thermique classique ou d’un électrique pur, les ingénieurs ont choisi l’architecture EREV : un moteur électrique entraîne les roues, tandis qu’un bloc essence sert de générateur et recharge la batterie en roulant. Aucune prise externe n’est requise.

Le choix n’est pas un hasard. Dans les Balkans et en Europe de l’Est, le réseau de recharge est en retard de plusieurs années sur l’Europe occidentale, et les acheteurs veulent une voiture capable de rouler dans n’importe quel village avec une seule station-service. Les concepteurs promettent une compatibilité multi-carburants et une consommation réduite à 2,2 l/100 km dans des conditions idéales.

La plateforme n’est pas limitée à une seule compacte. Plus tard pourraient apparaître une version cinq portes, un utilitaire léger et même un cabriolet. On a parlé aussi de moteurs essence classiques de 80–130 ch, mais la priorité va désormais à la version électrique avec prolongateur d’autonomie.

Le vrai risque, ce n’est pas la technique, c’est l’argent. Un petit projet serbe a besoin d’un grand partenaire industriel, sinon la production ne démarrera jamais. C’est pour cela que les noms de Stellantis, Renault et Dacia reviennent dans les couloirs, et qu’en Chine, selon les rumeurs, on suit la résurrection de Yugo avec une attention particulière.

Si le projet va jusqu’au bout de la chaîne d’assemblage, Yugo proposera ce qui manque au marché : une voiture neuve moins chère que beaucoup d’occasions, sans la hantise d’une borne vide. Suffisant pour effacer la réputation de voiture la plus moquée de la planète ? On le saura dans quelques années.