Fiat a construit en silence la plus petite voiture de 2028
Oubliez Quattrolino. Fiat confirme le nom et cite ouvertement la 600 Multipla de 1956 — avec 90 km/h, quatre places et une homologation L7e.
Fiat admet enfin comment son nouveau petit VE urbain va s’appeler. Oubliez le titre de travail Quattrolino — le modèle sortira sous le nom de Multiplina. Et la référence ne peut pas être plus limpide : la Fiat 600 Multipla des années 1950, une machine étrange, utile et très italienne. Petit gabarit, grande idée. Parfois, Fiat réussit encore ce genre de chose mieux que ceux qui tentent de sortir du « premium » de chaque morceau de plastique.
La Multiplina ne suivra pas la voie du quadricycle léger L6e comme la Topolino. Elle monte en L7e, la catégorie lourde. Et la différence compte. La Topolino est bridée à 45 km/h et taillée pour deux. La Multiplina atteindra 90 km/h et embarquera quatre personnes. Ce n’est plus une capsule électrique pour la promenade et un café rapide. C’est le maillon manquant entre la microcitadine et une vraie voiture du segment A.
Lancement — 2028. Côté prix, la Multiplina devrait se glisser entre la Topolino à 9990 euros et la future citadine électrique Fiat autour de 15 000 euros. La cible réaliste tourne autour de 13 000 euros, là où son principal rival porte déjà un nom : la Dacia Hipster.
À l’événement romain, Fiat a présenté la Multiplina en concept et, dans la foulée, secoué la gamme Topolino. Elle accueille désormais une carrosserie ouverte Dolcevita, une version Sport et la New Vilebrequin Collector’s Edition. La Sport s’inspire de la Nuova 500 Sport de 1958 : quatre nouvelles teintes, bandes décoratives, sièges noirs et éléments en vinyle effet carbone. Le carbone est bien sûr symbolique. Sur une machine bridée à 45 km/h, toute l’idée de « sport » ne tient pas aux chiffres, mais au sourire du propriétaire.
On trouve aussi un petit détail signature — les enceintes Bluetooth Monsterlino signées Monster, aimantées à la carrosserie et offertes avec chaque Sport. Ça ressemble à un gadget. Mais pour la Topolino, ce détail compte probablement plus que le dixième de seconde que personne ne mesure. Fiat ne vend pas de la puissance. Fiat vend un scénario : la plage, le centre historique, une zone touristique, un court trajet sans conversation sérieuse sur l’autonomie et la recharge.
À côté, Fiat a montré le TRIS Dolcevita Concept — un trois-roues électrique passager en pleine mode balnéaire. Sa mise en production reste ouverte. Mais l’intention est claire : une boîte à outils modulaire de micromobilité, vendue aux entreprises, zones touristiques, flottes de livraison et particuliers. Pas une voiture. Un petit écosystème.
Le patron de Fiat Olivier François l’a formulé ainsi : « Fiat a façonné la micromobilité bien avant même que le mot existe. Notre mission a toujours été la même : rendre la mobilité plus simple, plus intelligente et plus accessible. Aujourd’hui, avec la Topolino, le TRIS et notre vision pour l’avenir — la Multiplina — nous construisons sur notre héritage et créons un écosystème complet pour les villes de demain : joyeux, ingénieux, durable et incontestablement Fiat. »
Pour l’Europe, la logique est évidente. Les grandes villes serrent la vis sur le stationnement, les restrictions et les prix, tandis que les VE classiques ne sont jamais vraiment devenus abordables. En tant que signal de marché, la Multiplina intrigue. Fiat n’essaie pas de faire un crossover de plus. Fiat replonge dans les petites voitures — le terrain où la marque a historiquement les mains, la tête et un peu de folie.
La Multiplina pourrait devenir la Fiat la plus honnête depuis des années : petite, étrange, urbaine — et sans chercher à paraître plus grande qu’elle ne l’est.