Cette fonction de SUV que personne ne voulait perdre disparaît quand même
Ford, Lincoln, Range Rover et Rolls-Royce proposent encore des SUV à hayon fractionné, mais le BMW X5 vient d'abandonner cette solution — et il ne sera peut-être pas le seul.
Il y a cinq ans encore, le hayon fractionné sur un SUV était presque la norme. Aujourd'hui, c'est une espèce en voie de disparition. Volvo XC90, Land Rover Discovery, Toyota Land Cruiser, Lexus LX et BMW X5 ont tous abandonné ce système l'un après l'autre au profit d'une simple cinquième porte monobloc.
Pourtant, l'idée était élégante : la partie supérieure se relève, la partie inférieure bascule comme le hayon d'un pick-up. Sur un parking étroit, c'est un vrai atout. Rien ne tombe quand on n'ouvre que le haut. En pique-nique, la partie basse devient instantanément un banc. Sur un grand SUV, ce n'était jamais un simple gadget, mais un vrai outil du quotidien. Et pourtant, les constructeurs l'abandonnent en masse.
Aux États-Unis, il ne reste plus que cinq modèles de ce type. Le moins cher n'est ni premium ni luxe : c'est le Ford Expedition, à partir de 63 600 dollars. La version allongée Expedition Max démarre à 66 600 dollars. Ford ne cache pas son intention : combiner un hayon de SUV classique avec la praticité d'un plateau de pick-up.
Vient ensuite le BMW X7, à partir de 87 500 dollars. Et c'est là que ça devient intéressant : depuis que le nouveau X5 a perdu son hayon fractionné, le X7 reste le seul BMW à en être équipé. Pour combien de temps encore ? Rien n'est moins sûr : la marque simplifie déjà ses solutions de carrosserie ailleurs, avec par exemple l'abandon de la vitre de custode escamotable sur la Série 5 Touring.
Le Lincoln Navigator démarre à 89 995 dollars et reprend la même idée sous son propre nom, Splitgate. Le Range Rover est encore plus cher, à partir de 113 300 dollars – mais chez lui, ce n'est pas une option, c'est une part de son ADN : le tout premier Range Rover disposait déjà de ce hayon en 1970, et le modèle ne l'a plus jamais quitté depuis plus d'un demi-siècle. Chez le Rolls-Royce Cullinan, le prix dépasse les 400 000 dollars, et là, la partie basse fonctionne avec les sièges escamotables du Viewing Suite. Il y a tout de même une différence entre la praticité et la mise en scène.
Pourquoi cette fonction disparaît-elle ? La réponse est prosaïque : le coût et la complexité. Charnières, verrous, actionneurs, renforts, capteurs, calibrages supplémentaires — la structure double littéralement. Pour un SUV grand public, ce sont des dépenses inutiles. Pour un modèle premium, c'est au contraire un argument pour vendre l'exclusivité.
Ceux qui chargent vraiment leur SUV, transportent des chaussures boueuses ou s'en servent comme banc apprécieraient cette fonction pour son utilité, pas pour l'effet. Mais plus le mécanisme coûte cher, plus vite il migre des SUV du quotidien vers la niche des grosses voitures onéreuses. Bientôt, le hayon fractionné pourrait bien devenir un privilège réservé à ceux qui peuvent se permettre de payer un banc avec vue sur le coucher de soleil.