Le lancement du nouveau programme d'État Plan Auto+ est reporté. Le ministère de l'Économie exige l'inclusion de calculs d'empreinte carbone dans les conditions, un critère qui exclura pratiquement les véhicules électriques chinois de la liste des modèles éligibles aux aides. Cette exigence remet en question l'ensemble du mécanisme de subventions.

Un conflit interministériel bloque la publication du programme

Le ministère de l'Industrie avait déjà convenu des conditions du Plan Auto+ avec les associations de constructeurs et de concessionnaires. Dans cette version, les subventions étaient augmentées pour les modèles produits dans l'UE, mais n'excluaient pas les autres véhicules.

Le ministère de l'Économie est intervenu in extremis pour bloquer la publication du règlement, exigeant l'application du dispositif français d'Eco Score. Résultat : le programme est à l'arrêt, plongeant le marché dans l'incertitude.

Comment l'empreinte carbone redessine les rapports de force

La méthodologie défendue par Bercy permettrait de subventionner 80 à 90 % des modèles produits en Europe et certains véhicules provenant de Turquie. En revanche, les voitures électriques chinoises en seraient presque totalement exclues, car leur transport, leurs processus de production et leurs matériaux génèrent une empreinte carbone trop élevée.

Certains modèles assemblés au Maroc sont également menacés. En pratique, ce critère climatique sert de barrière à l'importation.

Risque de mesures de rétorsion de la Chine

Toute tentative de restriction des véhicules électriques chinois pourrait avoir des conséquences diplomatiques et économiques. Pékin a déjà pris des contre-mesures contre les pays ayant soutenu les droits de douane européens. Après des décisions antérieures de l'UE, l'usine Stellantis de Tychy, en Pologne, a perdu la production des modèles Leapmotor. Parallèlement, en Espagne, des entreprises comme CATL, Chery et Leapmotor investissent activement. Un durcissement des règles pourrait compromettre ces projets.

Ce qui change pour les acheteurs

Malgré la pause, le plan conserve un budget de 400 millions d'euros et s'applique rétroactivement depuis le 1er janvier. La principale différence avec le MOVES III réside dans un système entièrement centralisé, qui réduira les délais de paiement d'un an et demi à environ un mois.

Cependant, le programme supprime la prime à la mise au rebut d'un vieux véhicule et n'inclut pas d'aide pour les bornes de recharge domestiques. Les hybrides rechargeables recevront des aides inférieures à celles des véhicules 100 % électriques. Les constructeurs insistent pour une publication rapide des règles afin d'éviter un ralentissement des ventes.