Personne ne s’attendait à devoir gagner au tirage pour un Kangoo

Personne ne s’attendait à devoir gagner au tirage pour un Kangoo
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Dmitry Yakin
Auteur : Dmitry Yakin

Renault Japon met en vente un Kangoo Couleur et un Grand Kangoo Couleur bleu pastel si convoités que l’argent seul ne suffit pas — il faut d’abord gagner au tirage au sort.

Renault transforme une nouvelle fois le Kangoo, simple ludospace familial, en objet à caractère — et cette fois, poser l’argent sur la table ne suffit pas. Au Japon, les ventes ont démarré pour les séries limitées Kangoo Couleur et Grand Kangoo Couleur dans une nouvelle teinte baptisée Bleu Dragée, un bleu clair et doux inspiré des dragees françaises que l’on offre traditionnellement en signe de bonheur. Production totale : 150 exemplaires. Vous en voulez un ? Il va falloir avoir de la chance.

La vente est organisée avec la rigueur japonaise habituelle, mais avec un piège. Les candidatures sont ouvertes du 16 au 26 juillet chez les concessionnaires Renault agréés, et si la demande dépasse l’offre, c’est le tirage au sort qui départage les acheteurs. Ce n’est que si moins de candidats se présentent que de voitures disponibles que les exemplaires restants basculeront en vente classique, au premier arrivé. Le Kangoo Couleur est affiché à 4,49 millions de yens, soit environ 27 700 dollars ou 2,16 millions de roubles. Le Grand Kangoo Couleur atteint 4,82 millions de yens, environ 29 700 dollars ou 2,32 millions de roubles.

Le Kangoo Couleur classique se décline en deux versions. La première associe un moteur essence turbo 1,3 litre à une boîte robotisée EDC à 7 rapports : 30 exemplaires seulement. La seconde mise sur un diesel 1,5 litre avec boîte manuelle à 6 rapports, une combinaison de plus en plus rare, et c’est pourtant elle qui reçoit le plus gros contingent : 50 unités. Le Grand Kangoo Couleur, lui, n’existe qu’avec le 1.3 turbo et la boîte 7EDC, mais Renault en produira 70.

Renault Kangoo Couleur / Grand Kangoo Couleur
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Les deux versions partagent les portes arrière battantes emblématiques du Kangoo, les pare-chocs noirs, le système Extended Grip et des pneus toutes saisons de 16 pouces. Rien de purement esthétique là-dedans : les portes arrière se bloquent à environ 90 degrés et s’ouvrent jusqu’à 180, la hauteur de chargement est de 594 mm, et l’ouverture du coffre est quasiment rectangulaire — sans saillie inutile qui grignote le volume.

Le Grand Kangoo apporte ce qui manque au Kangoo standard pour une grande famille : trois rangées et sept sièges indépendants. Il gagne 420 mm en longueur, son empattement s’allonge à 3 100 mm, et l’ouverture de la porte coulissante passe à 830 mm. Les deuxième et troisième rangées coulissent de 130 mm, se replient, se rabattent et se retirent entièrement — Renault annonce 1 024 configurations possibles. Le coffre offre 500 litres avec sept passagers, 1 340 litres sans la troisième rangée, et jusqu’à 3 050 litres une fois les deuxième et troisième rangées déposées.

Côté équipements, ce n’est pas non plus minimaliste : régulateur de vitesse adaptatif avec Stop & Go, freinage automatique avec détection des piétons et cyclistes, aide au maintien dans la voie, assistance au stationnement, recharge sans fil du smartphone, climatisation bizone et plusieurs petits rangements dans l’habitacle.

Renault n’ayant pas de réseau officiel en Russie, ce Kangoo n’y deviendrait jamais un modèle de masse — juste un choix de niche très lisible : du vrai volume utile plutôt qu’une mode de crossover, un seuil de chargement bas, des portes battantes et une modularité sincère. Mais dès que la magie de la couleur rencontre la réalité de l’importation parallèle, il ne reste plus que le prix, le service et la revente — et ça, ça ne pardonne pas le romantisme.

Le Kangoo Couleur ne se vend ni sur la puissance ni sur le statut. On l’achète pour un mélange rare d’utilité et de caractère — une voiture familiale qui ne cherche pas à ressembler à un SUV, mais simplement à rendre le quotidien plus facile, et un peu plus joyeux. Au Japon, cela vaut visiblement la peine de tenter sa chance au tirage au sort. Ce n’est pas la pire des recommandations.

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