BYD débarque sur le marché britannique des pick-up avec une intention claire : couler la concurrence. Le Shark vise officiellement le Ford Ranger PHEV, mais le chinois arrive avec des atouts que son rival n’a tout simplement pas : 430 ch, transmission intégrale, 0–100 km/h en 5,7 secondes et près de 90 km d’autonomie électrique pure.
Le tarif d’entrée au Royaume-Uni s’affiche à 47 290 £ — soit environ 63 161 $. Mais le Shark ne se vend pas au prix. Le groupe motopropulseur Super Hybrid DMO associe un 1,5 litre turbo essence à deux moteurs électriques, un par essieu. Ce sont ces derniers qui font l’essentiel du travail, le bloc thermique jouant le plus souvent le rôle de générateur. Le couple cumulé atteint environ 649 Nm. La batterie de 32,2 kWh accepte la charge jusqu’à 55 kW.
Le vrai coup porté à Ford se lit dans les chiffres. Le Ranger PHEV plafonne à 275 ch et ne parcourt qu’environ 43 km en tout électrique — moins de la moitié du Shark. BYD annonce en plus une consommation d’environ 3,5 l/100 km en WLTP, une capacité de remorquage de 2500 kg, une benne de 1200 litres, les modes de conduite Sand, Mud, Snow et Gravel, une aide à la descente et une fonction V2L pour alimenter des outils directement depuis le pick-up.
Mais il y a un détail qui compte plus, pour les flottes britanniques, que n’importe quel chrono. Le Shark n’emporte que 790 kg dans sa benne, alors que le seuil britannique de classification utilitaire est fixé à exactement une tonne. Il manque quelques centaines de kilos — et BYD passe à côté du remboursement de la TVA pour les professionnels, que le Ranger PHEV conserve. Sur l’étiquette, l’écart paraît serré ; en réalité, le Ford peut sortir nettement moins cher pour un acheteur d’entreprise.
À l’échelle mondiale, en revanche, le Shark prend un tout autre sens. Ce n’est pas un pick-up électrique pur, mais un hybride avec une vraie autonomie électrique et une réserve d’essence pour la longue distance — une formule qui parle davantage aux marchés dépourvus d’un réseau de recharge dense qu’un EV intégral. Si le véhicule arrive un jour dans ces zones via l’import parallèle, la décision ne se jouera pas sur les 430 chevaux mais sur le prix final, la garantie et la valeur résiduelle à trois ans.