Mazda n'a dévoilé aucun nouveau moteur. Aucune allusion à la future MX-5 non plus. La marque a plutôt déposé un brevet pour une pièce dont on parle rarement — un onduleur de puissance hybride. Et pourtant, ce sont précisément ces boîtiers discrets qui décident souvent si les ingénieurs parviennent à loger l'électrification dans une voiture compacte sans sacrifier le coffre, la répartition des masses ou l'espace sous le capot.
Le brevet USPTO US 12,673,545 B2 décrit un onduleur qui transforme le courant continu de la batterie en courant alternatif pour le moteur électrique. Une routine ? Pas tout à fait. Dans la plupart des hybrides, ce bloc forme une boîte séparée et encombrante. Mazda a choisi de le compresser. Les principaux composants électroniques sont alignés horizontalement, en une seule rangée, dans le sens du flux électrique. Résultat : des connexions internes plus courtes, une résistance réduite, moins d'inductance.
La vraie astuce, c'est le boîtier en forme de L. La partie plate supérieure accueille les cartes électroniques, tandis que l'extension inférieure plonge le long du carter du moteur électrique. L'électronique se glisse ainsi dans l'espace libre sur le côté du groupe motopropulseur, au lieu de tout empiler vers le haut. Pour un SUV, c'est simplement pratique. Pour une sportive basse comme la MX-5, économiser chaque millimètre pourrait s'avérer décisif. Le brevet ne mentionne jamais la Miata comme bénéficiaire — Mazda garde le silence sur ce point.
Il y a aussi une logique d'entretien derrière tout ça. Les câbles haute tension sortent verticalement vers le bas du module de puissance et se connectent au moteur électrique via un raccord latéral rigide. L'onduleur peut simplement se glisser sur le côté et se raccorder directement — sans faisceaux souples supplémentaires, sans besoin de dégagement par le dessus pour le montage.
Mazda a aussi pensé à la protection en cas de choc frontal : le convertisseur est placé derrière le moteur et la transmission, si bien que les organes les plus massifs absorbent l'essentiel de l'énergie du choc avant qu'elle n'atteigne l'électronique haute tension.
Un lien avec le Skyactiv-Z semble évident, sans être officiellement confirmé. La prochaine famille de moteurs essence de Mazda doit débuter sur le CX-5 et miser sur une combustion stœchiométrique sur une large plage de charges — associée à l'hybridation. Un onduleur compact s'inscrit parfaitement dans cette philosophie : pas un saut vers le tout électrique, mais un moteur thermique suffisamment affiné pour cohabiter avec un moteur électrique sans pénaliser l'architecture.
Pour l'acheteur, ce n'est pas une technologie qu'on voit dans l'habitacle. Mais elle pourrait influencer le poids, le refroidissement, la réparabilité et le prix des futurs hybrides Mazda. Et si la marque veut vraiment maintenir en vie une MX-5 légère à propulsion à l'ère des normes d'émissions renforcées, elle aura besoin de ce genre d'astuces d'ingénierie invisibles. Retenez ce nom : Skyactiv-Z.