XPeng vient de franchir l'une des étapes les plus risquées des essais de son Robotaxi : cette fois, il n'y a plus aucun humain dans la voiture. Le véhicule, équipé du VLA de deuxième génération, a obtenu à Guangzhou une autorisation de test à distance sans conducteur de sécurité au volant. Les voitures pourront circuler sur des routes urbaines autorisées de plusieurs catégories, l'intervention d'urgence étant transférée de l'habitacle vers un centre distant — une première : la responsabilité de la sécurité quitte entièrement le véhicule.
La réglementation de Guangzhou distingue les essais routiers, l'exploitation de démonstration et le transport commercial. Pour les véhicules hautement automatisés, un opérateur de sécurité à distance est autorisé — mais seulement après avoir passé les essais et obtenu les autorisations requises. Et il ne s'agit plus d'un prototype isolé : le Robotaxi de XPeng a dépassé le stade de l'expérimentation en laboratoire.
L'entreprise a mis en circulation son premier véhicule de présérie à Guangzhou en mai. Construit sur la plateforme de série GX, il embarque quatre processeurs Turing maison pour une puissance effective cumulée de 3 000 TOPS, et se passe entièrement de LiDAR et de cartes haute définition. XPeng prévoyait de lancer une exploitation pilote pour les passagers au second semestre 2026. En août, l'entreprise avait déjà annoncé plus de 2 000 trajets d'essai internes — on compte désormais par milliers, plus par dizaines.
L'objectif suivant est encore plus ambitieux : passer en 2027 à un transport de passagers sans aucun opérateur de sécurité à bord. L'autorisation de test à distance qui vient d'être obtenue referme justement l'étape intermédiaire entre les essais supervisés par un humain et ce type d'exploitation.
Mais le plus intéressant, ce n'est pas l'autorisation — c'est l'architecture. XPeng affirme qu'une même famille de modèles équipe à la fois ses voitures de série dotées d'une aide à la conduite de niveau L2 et le développement de son Robotaxi de niveau L4. En mars, les véhicules de série de la marque ont commencé à recevoir le VLA de deuxième génération, tandis que la version Robotaxi évolue sur la même base logicielle. Mais la formule de XPeng sur des « capacités continues du L2 au L4 » ne transforme pas pour autant une G6, une G9 ou une P7 grand public en véhicule de niveau quatre. Une architecture commune n'équivaut pas à des capacités communes.
Dans les spécifications officielles des véhicules de série, le système est explicitement présenté comme une aide à la conduite exigeant une surveillance humaine constante. C'est précisément pour cela que cette étape pèse plus lourd que n'importe quelle étiquette L4 tapageuse : pour la première fois, XPeng transpose la même base logicielle d'un assistant de série vers une voiture au siège conducteur vide, sur la voie publique.
Reste désormais à vérifier non seulement la qualité de l'algorithme, mais aussi la redondance à distance, la sécurité et la capacité du système à gérer des situations routières rares sans personne dans l'habitacle.
Tarantas.news avait rapporté précédemment que les autorités du Nevada avaient accordé à Tesla une autorisation de transport de passagers sans conducteur dans le secteur du Las Vegas Strip. Dans cette première phase, la flotte est limitée à dix véhicules.