BMW comble un fossé dont on parle depuis des années. Entre son vaisseau amiral et Rolls-Royce s’étend un large corridor où vivent Bentley, Maybach et Range Rover. Alpina y fonce droit — une marque dont BMW a obtenu les droits dès 2022, et dont le premier concept entièrement conçu sous contrôle munichois vient de débarquer au Concorso d’Eleganza Villa d’Este 2026.
Le Vision BMW Alpina n’a aucune ambition de série. C’est un manifeste : des proportions sobres, des codes BMW affirmés, zéro agressivité. Pas d’esthétique M, pas de mise en scène aérodynamique. Une présentation calme — et derrière, un calcul.
Le vice-président de BMW Alpina, Oliver Viellechner, ne cache pas la logique : le public ultra-fortuné grandit, et la demande glisse du luxe ostentatoire vers quelque chose de plus discret, de plus personnel. Avant de prendre le crayon, explique le patron du design BMW Group Adrian van Hooydonk, l’équipe a replongé dans l’histoire de la marque et discuté avec ses clients.
La vraie question, c’est ce qui distinguera Alpina de M. La réponse est franche : M, c’est le sport. Alpina, c’est la vitesse. La formule « speed, not sport » sonne presque comme une profession de foi. Aucune ambition sur le Nürburgring. De longs trajets rapides, du grand tourisme, du confort sans compromis. Et le repère — 300 km/h.
La première Alpina de série de cette nouvelle époque arrivera en 2027. Elle reposera sur la berline Série 7 et occupera le sommet de la gamme. Les clients choisiront leur motorisation dans le portefeuille BMW — et le choix promet d’être large. Alpina ne criera pas. Elle sera rapide et silencieuse. Et cela devrait suffire pour attirer ceux qui, hier encore, poussaient sans hésiter la porte des concessions Bentley.